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Catégorie : Nos actualités

Les lauréat.es des Grands Prix de la Création de la Ville de Paris 2022

© Matthieu Gauchet


La cérémonie des Grands prix de la Création 2022 a eu lieu le mardi 13 septembre à l’Hôtel de Ville de Paris, en présence d’Olivia Polski, adjointe à la Maire de Paris en charge du commerce, de l’artisanat, des professions libérales et des métiers d’art et mode.

Cette année, la Ville de Paris confie la présidence des jurys à trois personnalités : François Azambourg pour le design, Christine Phung pour la mode et Ludovic Avenel pour les métiers d’art.

Pour cette nouvelle édition, en partenariat avec Au Delà du Cuir, un nouveau prix dédié aux accessoires de mode a fait son entrée.

Les lauréat.es 2022

Catégorie Design

Prix Talent Émergent – Anna Saint Pierre

© Anna Saint-Pierre

Sillonner les chantiers pour glaner des rebuts minéraux et les transformer dans le cadre d’ateliers textiles, tel a été le « grand projet » de 5e année de design textile et matière à l’EnsAD d’Anna Saint Pierre. C’était en 2016. Depuis, Anna a fait du chemin et a soutenu une thèse sur ce sujet en mars 2022. Elle est aujourd’hui docteur en design. Et, désormais, elle met ses connaissances au service du secteur de la construction. « Mon rôle est d’identifier des gisements de matières qui sont destinés à la benne et qui sont aussi représentatifs du lieu, car outre la démarche circulaire, j’ai la volonté de faire vivre la mémoire des sites, précise Anna. J’étudie alors la façon dont ils peuvent être transformés sur le chantier et je mets en place le protocole en identifiant les entreprises capables d’intervenir. Ainsi, sur un chantier de bureaux à Ivry-sur-Seine, la façade qui a été déposée a été utilisée pour fabriquer le revêtement de sol de l’atrium central et des zones de circulation. »

D’autres voies s’ouvrent pour Anna qui a également présenté un vase en porcelaine, peint avec un nuancier d’émaux colorés avec des déchets architecturaux, développé avec le laboratoire de la Manufacture de Sèvres.

Si aujourd’hui je travaille sur des chantiers, je souhaite aussi développer une matière toute prête pour les artisans et les entreprises. Pour cela, il me faut des machines de concassage. Ce Prix va me permettre d’investir dans ce matériel et ce projet.

Anna Saint Pierre

@annasaintpierre

© Anna Saint-Pierre

Grand Prix – Perron et Frères

© Perrons et Frères 

Perron et Frères, c’est l’histoire d’une rencontre entre Gérald Perrin, ébéniste et marqueteur de formation, et Mayeul Reignault, petit-fils d’ébéniste, passionné par le bois, et designer passé par l’ENSAAMA à Paris, l’École Supérieure d’Art de Design de Saint-Étienne et l’ECAL à Lausanne. Mayeul découvre par hasard le travail de Perron et Frères, créé par Gerald et un associé designer. Il contacte l’entreprise et une collaboration débute en 2017.

Au début, c’était sur des missions, se souvient Mayeul puis peu à peu j’ai été amené à développer le pôle conception de la société. Il y a trois ans, l’associé de Gerald est parti et il nous a semblé évident avec Gerald de continuer l’aventure en binôme.

Mayeul Reignault

C’est donc ainsi que Perron et Frères, dont la matière fétiche est le bois, développe des pièces pour des marques ou des architectes d’intérieur. « Mais nous voulons désormais dessiner nos propres collections de meubles véhiculant nos valeurs de simplicité et d’honnêteté, insiste Mayeul. Et c’est l’avenir de Perron et Frères. Nous commercialisons ces lignes sur notre e-shop. Par ailleurs, nous venons de signer avec la galerie Sinople pour développer des pièces plus singulières. »

Chez Perron et Frères, qui compte aujourd’hui quatre employés, on conçoit, on travaille le bois mais on fait aussi appel à des prestataires extérieurs pour mener à bien des projets riches et complets. « On ne se limite pas au savoir-faire interne, précise encore Mayeul. Et ce réseau est aussi notre force. »

perronetfreres.fr
@perronetfreres

© Alexandra Mocanu

Catégorie Mode


Prix Talent Émergent – Weinsanto

© Weinsanto

De la danse à la mode, il n’y a qu’un pas. En tout cas, en ce qui concerne Victor Weinsanto. « J’ai pratiqué la danse de 4 à 17 ans en Allemagne, raconte-t-il. Ce qui ne laisse pas le temps de réfléchir à un autre avenir. » Pourtant, Victor, réalise vite qu’il n’est pas comme les autres élèves. Quand ces derniers visionnent des ballets, lui regarde les défilés de Montana, Mugler… Et c’est ainsi, qu’il décide d’emprunter une autre voie. Il rentre à Paris, reprend des études « classiques » et intègre, après son bac, l’Atelier Chardon Savard. Il enchaîne avec des stages dont un chez Jean Paul Gaultier où il sera embauché. Quand le couturier annonce qu’il met fin à sa carrière, Victor décide de créer sa première collection y consacrant ses nuits.

Le défilé a lieu en mars 2020, juste avant le confinement. « C’était un crash test, se souvient-il. J’avais besoin de cette carte de visite pour trouver du travail. Et cela m’a conduit à lancer ma marque en septembre 2020. » Son ADN ? L’humour ! Soit un travail sérieux qui ne se prend pas au sérieux, mêlant haute couture, références au cabaret, dead stocks et inclusivité. Le tout mis en scène dans de véritables shows. Parallèlement à cette vision extravagante illustrée par une robe-corset avec une grande structure qui se pose sur la tête, Victor ne néglige pas la simplicité.

J’aime aller vers des pièces hors du commun mais je veux aussi que les gens puissent s’offrir et porter mes vêtements. C’est pourquoi j’imagine aussi un prêt-à-porter plus accessible en termes de coupes et de prix.

Victor Weinsanto

weinsanto.com
@weinsanto

© François Quillacq

Grand Prix – Coltesse

© Vincent Desailly

Florent Biard, fondateur de Coltesse, a longtemps évolué dans le monde du théâtre d’où le choix de ce nom, référence à l’auteur Bernard-Marie Koltès. Lui, qui se destinait à être ingénieur, dévie de cette trajectoire par envie de rencontres. Puis il abandonne la scène pour faire de la direction artistique. Il s’essaie alors à la mode et conçoit des chemises qu’il expose sur le salon Man. Il en vend une centaine. Et très vite les Japonais s’intéressent à son travail.

« Cela m’a obligé à franchir des caps rapidement en matière de qualité mais aussi de volumes , se souvient-il. Puis, le programme IFM Labels que Coltesse a intégré en 2019 et suivi, en partie pendant le confinement, a permis de répondre à d’autres problématiques. C’est d’ailleurs arrivé à point nommé car il était temps de revoir notre schéma de développement. Nous étions concentré sur le B to B et le Japon, nous utilisions des textiles japonais et faisions fabriquer au Portugal. Nous sentions que ce n’était pas viable et, surtout, cela ne me convenait plus. Nous voulions relocaliser, nous sentir plus ancrés dans Paris, être aussi plus bienveillants », explique Florent.

Aujourd’hui, ses envies se sont concrétisées. La marque, qui emploie cinq personnes, propose des collections Made in Paris, qui questionnent sur la notion d’intemporalité et dérident les classiques masculins.

Ce vestiaire éco-conscient est de prime abord minimaliste mais il cache d’énormes recherches sur les volumes, l’équilibre et la praticité. C’est un travail discret qui se découvre dans la durée.

Coltesse

fr.coltesse.com
@coltesse

© Thibault Della Gaspera 

Prix Accessoires de mode – Aristide

© Aristide

« J’ai un parcours atypique », annonce immédiatement Bertrand Mahé, fondateur d’Aristide. Titulaire d’un BTS force de vente, Bertrand a, en effet, longtemps été représentant, un métier lui laissant suffisamment d’autonomie pour dégager le temps nécessaire pour s’adonner à sa passion, la peinture. C’est lors d’une exposition que le directeur de la ganterie Poujade, lui achète une toile et lui propose une collaboration.

J’ai alors découvert le travail d’atelier et du cuir. J’ai été fasciné par le processus de fabrication. J’ai été représentant pour cette entreprise tout en dessinant des collections de gants.

Bertrand Mahé

Et c’est ainsi, qu’en 2010, Bertrand s’émancipe et lance Aristide : « Le leitmotiv ? Proposer à travers une collection annuelle une vision contemporaine du gant basée sur un savoir-faire indispensable. »

Au sein d’Aristide, Bertrand assume tout : de la création à la commercialisation. La fabrication est, elle, confiée à un atelier au Philippines. « C’est une entreprise très spécialisée et experte qui cultive un formidable respect humain. Cette collaboration me permet de développer des modèles originaux avec des assemblages de matières inattendus, explique Bertrand. Dans cette société qui va vite, il est aussi important de s’adapter aux usages avec des détails comme les empiècements tactiles qui permettent d’utiliser un smartphone ou les poches zippées pour glisser un Pass Navigo… » Bertrand a toujours maintenu ce cap et compte bien continuer car comme il le précise : « Je n’ai pas créé Aristide pour faire des gants en cuir marron ! »

aristide-collection.com
@a______________co

© Rayan Nohra

Catégorie Métiers d’art


Prix Talent Émergent – Atelier Alba

© Atelier Alba

Derrière l’Atelier Alba se cache un binôme composé de Célia Suzanne et Erwann Larbre. Le duo s’est rencontré à l’École Boulle dans l’atelier de marqueterie. Erwann avait rejoint l’école après avoir suivi la même voie que son grand-père, menuisier et ébéniste, et Célia, après une formation en arts appliqués à Nîmes.

Nous avons tous les deux une passion pour les matières et la marqueterie, savoir-faire rare, permet de les travailler de façon très large : bois, métaux, cuirs, corne…

Célia Suzanne

L’idée de créer l’Atelier Alba naît pendant la résidence de Célia aux Ateliers de Paris en 2018. En 2019, Erwann, lui, décroche le titre de Meilleur Ouvrier de France Marqueterie. Les statuts de l’entreprise sont donc tout naturellement déposés en 2020. « Nous avons pris notre temps, précise Célia car nous voulions créer un atelier innovant qui valorise ces techniques anciennes et précieuses en allant chercher des matériaux inédits comme le crin de cheval qui est d’ailleurs devenu notre signature. Nos rôles y sont assez bien définis. Erwann a un regard pointu sur la marqueterie, il fait avancer les techniques. Je suis plus tournée vers la création et la recherche d’innovations. »

Architectes d’intérieurs, designers ou encore manufactures horlogères, font appel à leurs talents, à leur capacité à marier la tradition à une approche contemporaine… « Pour répondre à leurs attentes de plus en plus exigeantes, nous avons besoin de nouveaux outils et équipements. Et ce Prix, outre une reconnaissance, va aussi soutenir notre développement », conclut Célia.

atelieralba.fr
@atelieralba_paris

© INU STUDIO ART

Grand Prix – Caroline Besse

© Sarah Robine

Ce prix est une reconnaissance particulièrement importante quand on a, comme moi, travaillé dans sa grotte pendant des années, consacré beaucoup de temps à des recherches. Et cela donne évidemment une visibilité aux couleurs des minéraux broyés !

Caroline Besse

Caroline Besse ne surfe pas sur une tendance verte. Voilà 20 ans qu’elle met au point une palette faite de matières naturelles, sans solvant. Forte d’une formation de peintre décoratrice classique, elle débute en réalisant de nombreuses fresques. En parallèle, elle étudie la médecine traditionnelle chinoise et se passionne pour l’art sacré bouddhique. « C’est ainsi que j’ai découvert la peinture aux minéraux. L’intensité et la vibration de ces couleurs m’ont touchée et donnée envie de développer mes propres techniques et propositions créatives contemporaines. Je me suis formée en étudiant différentes traditions : la japonaise mais aussi celle des icônes byzantines, tout en approfondissant la relation au corps dans le geste du tracé. Depuis 2017, tous les décors et tableaux que je propose sont réalisés uniquement avec les couleurs des minéraux broyés. »

Les architectes et les décorateurs sont nombreux à être sensibles à ce travail inédit et unique qui cache une personnalité rayonnante. Ils ont notamment fait appel à elle pour réaliser une fresque dans les salons VIP de la maison Van Cleef & Arpels, place Vendôme. « Ma réflexion sur la perception de la couleur est en lien avec l’humain, précise Caroline. Immergé dans le minéral, l’œil s’ouvre aux puissances de la couleur. »

carolinebesse.com
@caroline.besse

© Caroline Besse


Rédaction :
Vanessa Zocchetti

Les Grands Prix de la Création


Les Grands Prix de la Création distinguent deux professionnel.les du design, de la mode, des métiers d’art et un.e professionnel.le des accessoires de mode.

Le Grand Prix récompense un professionnel pour la qualité de son projet et de son parcours, sa stratégie de développement, son engagement dans la transmission des savoir-faire ou l’innovation. Ce prix s’adresse aux professionnels déjà expérimentés, aux entreprises et marques dont le développement est avancé.

Le Prix Talent émergent récompense un professionnel dont le projet est prometteur. Le prix est un encouragement.

Le nouveau Prix Accessoires de mode distingue, quant à lui, des projets d’accessoires émergents ou confirmés (maroquinerie, chaussures, gants, ceinture etc.).

Une dotation de 18 000 euros est attribuée aux lauréat.es. Chaque prix est doté de 8 000 euros par la Ville de Paris et enrichi via le Fonds pour les Ateliers de Paris par des partenaires privés : la Fédération Française du Prêt à Porter FémininADC – Au-Delà du Cuir, le Groupe Galeries Lafayette, la Fondation Rémy CointreauESMODPlendi by VINCI ConstructionRoger PradierVictoire, et le Groupe Galia.

Outre la dotation, les lauréat.es bénéficieront d’une visibilité offerte par les partenaires médias et associés : Premiere Classe, Paris Design Week, Maison&Objet, Alliance France Design, Ipocamp, Intramuros, Fashion Network, AD Magazine, La Gazette Drouot, The Good Goods, Gestes, Process Magazine, MODEM, Silhouette et Eyes on Talents.

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