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Les lauréats des Grands Prix de la Création de la Ville de Paris

Les Grands Prix de la Création de la Ville de Paris


La cérémonie des Grands prix de la Création 2021 a eu lieu le mardi 14 septembre à l’Hôtel de Ville de Paris, en présence d’Olivia Polski, adjointe à la Maire de Paris en charge du commerce, de l’artisanat, des professions libérales et des métiers d’art et mode.

Cette année, la Ville de Paris confie la présidence des jurys à trois personnalités : Sam Baron pour le design, Amélie Pichard pour la mode et Laura Gonzalez pour les métiers d’art.

Pour cette nouvelle édition, en collaboration avec Au Delà du Cuir et la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, l’un des prix de la discipline mode est dédié à un créateur d’accessoires (maroquinerie, chaussure).

Les lauréats

Catégorie Métiers d’Art

Prix Talent Émergent – Lucie Touré

Portrait de Lucie Touré © Marie Préchac
© Marie Préchac

À cinq ans, Lucie Touré se passionnait déjà pour les activités manuelles, prenant des cours de dessin, excellant dans l’origami. C’est donc tout naturellement qu’elle s’oriente vers un bac Arts appliqués, intègre en 2006 l’École Duperré, passant un diplôme de métiers d’art en broderie puis entre en 2008 à l’EnsAD Paris où elle se forme pendant quatre ans au design textile et matière.

« J’ai depuis toujours une appétence pour l’artisanat et pour la mode. Mais après un passage chez Sonia Rykiel, je me suis rendue compte que je passais plus de temps derrière un ordinateur qu’à créer. J’ai donc rejoint un atelier de broderie. J’y ai passé trois ans puis je me suis lancée en freelance », précise Lucie.

Ce parcours lui permet de se frotter à différents secteurs, de développer des expérimentations autour des matières. Le papier devient peu à peu son terrain de jeu favori. Elle décide de s’y dédier en 2018 en montant son entreprise. Cette année-là, elle entre également en résidence aux Ateliers de Paris.

« Mon objectif était d’installer mon univers, de rendre le papier méconnaissable en l’associant à des techniques issues du monde du textile. Je voulais le rendre utilisable aussi bien en architecture d’intérieur que pour le vêtement, l’accessoire, les décors de vitrine… avec toujours un angle très luxe », explique t-elle.

Parmi les marques qui la remarquent, Guerlain qui lui commande 7000 parures pour habiller un flacon de parfum proposé en édition limitée. Elle prépare actuellement des panneaux destinés à décorer un paquebot. Lucie regarde aussi du côté du cuir et du bois même si elle sait qu’elle a encore beaucoup à inventer avec le papier…

www.lucietoure.com


Grand Prix – Lily Alcaraz et Léa Berlier

Portrait de Lily Alcaraz et Léa Berlier © Florent Mulot
© Florent Mulot

Toutes les deux designers textiles, Lily et Léa se sont rencontrées lors de leurs études à l’École Duperré. Liées par une formidable amitié et une passion pour le tissage, elles fondent leur atelier en 2009. Leur patte ? Se laisser inspirer par la matière. Les fils mais aussi le cuir le papier… qu’elles découpent, triturent et tissent sur leurs métiers.

Elles inventent ainsi des motifs mais aussi des textures et parfois même les outils leur permettant de concrétiser leurs idées. Leur approche est artisanale. Si l’ordinateur leur permet de se projeter dans le résultat final,de préparer techniquement leurs projets, c’est en « montant » leurs métiers mécaniques, en actionnant pédales et manettes, qu’elles donnent naissance à quelques mètres de matières réalisés à la main. « Notre travail de recherche, nous permet de proposer une collection textile sous forme d’échantillons ou d’objets comme des panneaux décoratifs », précisent-elles.

Les architectes d’intérieur et les marques de luxe passent ensuite commande, demandant parfois des adaptations en termes de couleurs notamment. Il y a aussi une partie plus artistique où elles réalisent sur commande, après un brief, des œuvres uniques « Nous sommes amenées à travailler en collaboration avec d’autres ateliers pour développer de nouvelles approches. Ainsi, en ce moment nous explorons le tissage du bois et nous sommes en contact avec un ébéniste. C’est excitant de créer un dialogue entre artisans, designers, d’imaginer objets ou mobilier, ensemble » précise le binôme qui n’exclut pas de concevoir des tissages destinés à être édités et donc produits à plus grande échelle.

www.lilyetlea.fr

Catégorie Mode


Prix Talent Émergent – Alphonse Maitrepierre

Portrait de Alphonse Maitrepierre
© Alphonse Maitrepierre

Quand il s’est présenté devant le jury des Grands Prix de la Création, Alphonse Maitrepierre, 26 ans, portait son pull porte bonheur avec un chat dessus. Est-ce cette tenue décalée qui a retenu l’attention de l’assemblée ? Certainement pas. Car ce garçon diplômé de la Cambre à Bruxelles, ancien assistant styliste chez Jean-Paul Gaultier, passé par Chanel et Acne Studios et également créateur de costumes pour le cinéma a bien plus qu’un drôle de chandail à montrer.

Il a un univers où se mêlent un côté old fashion et une approche très geek. « J’ai un vrai plaisir à décortiquer les archives, à explorer les codes de la haute couture. Et ce qui m’amuse c’est de confronter cette approche à des références plus contemporaines ». S’amuser, voilà un mot qui revient souvent dans la bouche de cet enthousiaste qui a présenté son sac Manette en cuir vert au jury. « Il illustre ma démarche. Je l’ai conçu à partir du dessin d’un Birkin que j’ai étiré sur ordinateur pour lui donner la forme d’une manette de PS3. Et s’il est vert c’est parce que je voulais le fabriquer avec de dead stocks de cuir. Quand j’ai appelé l’usine, il n’avait que cette teinte à me proposer. J’étais ravi, ce vert fluo abandonné, c’était exactement ce que je cherchais », raconte-il.

À côté de ses silhouettes où la structure est chamboulée par des éléments incongrus, il y a aussi les lunettes-peignes imaginées pour la marque Emmanuelle Khanh. « Elles sont inspirées de modèles années 80. Mais les branches, elles, sont des peignes un brin dadame » conclut Alphonse, ambassadeur d’un vocabulaire lui aussi délicieusement décalé.

www.shop.maitrepier.re

Grand Prix – JN. Mellor Club

Portrait de Karine et Franck © JN Mellor Club
© JN Mellor Club

JN. Mellor Club c’est une histoire d’amour. Celle de Karine Arabian et Franck Blais. La créatrice de souliers et le scénographe – galeriste travaillaient à quelques pas l’un de l’autre. Ils se sont croisés et ce fut le coup de foudre ! Ils ont eu envie de donner naissance à un projet commun en combinant leurs talents et expertises. Le JN. Mellor Club a donc vu le jour, passerelle entre la mode, le design et l’art.

En 2019, le duo présente ainsi ses premières pièces sur le salon Révélations : partant d’une réflexion sur le sac et la chaussure, il expose des objets énigmatiques qui attirent l’attention. À partir de là, il laisse libre court à son inspiration, imagine un cabas en cuir au tannage végétal issus de stocks dormants qui emprunte sa ligne aux sacs de levage que l’on trouve sur les chantiers.

Son Fluffy bag, est, lui, une poche inspirée des shopping bags en kraft, coupé dans de très beaux cuirs, un doudou de luxe. Karine et Franck ont aussi exploré des chantiers pour y récolter des gravas qu’ils ont habillés de mousse orthopédique et de très jolis cuirs. Cela donne des objets devenus installations lors d’Émergences,Biennale de design à Pantin.

Cette singularité, ils l’expliquent d’une même voix : « À nos âges, nous avons une maturité qui nous permet de sortir des carcans. Nous nous sentons libres d’effacer les frontières entre les disciplines. » Pour faire comprendre leur démarche, ils espèrent inaugurer très vite un lieu à la fois boutique et atelier, un espace de convergence.

@jn.mellorclub

Catégorie Design


Prix Talent Émergent – Studio Samuel Tomatis

Portrait de Samuel Tomatis © Matthieu Barani
© Matthieu Barani

Designer matière diplômé de LISAA Paris et de l’ENSCI-Les Ateliers, finaliste des Audi Talents Awards et lauréat de la bourse Agora du design, présidée par Erwan Bouroullec en 2017, Samuel Tomatis entre en résidence aux Ateliers de Paris en 2019. Le fil conducteur de ce parcours exemplaire ? Les algues qu’il transforme en matériaux multiples,fins et souples, solides et rigides, 100 % naturels, sans colle ni additif.

« J’ai pris conscience des dégâts que pouvaient engendrer les marées vertes en me promenant sur les plages bretonnes. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose à faire en les envisageant non pas comme des déchets mais bien comme un incroyable gisement de matières premières. Cela a guidé tout mon travail étudiant et c’est le cœur de mon métier aujourd’hui », explique Samuel qui est à la fois designer industriel et chercheur en bio matériaux. Il tisse des liens étroits entre la création et la science. « Je travaille dans des laboratoires mais aussi, pour la mise en forme, de prototypes, avec des artisans ».

Ses « découvertes » peuvent être utilisées pour faire du mobilier, des objets destinés à l’espace domestique, des contenants alimentaires, des packagings, des outils pour l’horticulture, des tissages pour le secteur textile, des émaux pour la céramique, des briques pour la construction ou encore des vanneries… Les débouchés sont énormes ! Et c’est pourquoi Samuel envisage de s’associer avec un profil plus juridique afin de pouvoir proposer ses applications à des industriels. Parions qu’ils y verront des solutions écologiques pour des produits synonymes d’un monde meilleur.

www.studiosamueltomatis.com

Grand Prix – Studio Lacoua

Portrait de Grégory Lacoua
© Studio Lacoua

Diplômé de l’École Boulle en tapisserie d’ameublement, Grégory Lacoua a débuté sa carrière chez Domeau & Pérès. Prototypiste en tapisserie sellerie, il a alors pour mission de fabriquer les pièces dessinées par des designers comme les frères Bouroullec, Christophe Pillet, matali crasset… Des questions cependant l’obsèdent. Qu’est ce qui guide le processus créatif ? Qu’est ce qui rassemble les designers et les rend aussi différents ? Pour essayer d’y répondre, il démissionne et intègre l’ENSCI-Les Ateliers.

Diplômé en 2008, il occupe pendant quelques temps, une fonction charnière entre la direction artistique et les entreprises industrielles pour des projets signés Patrick Jouin ou Jean-Marie Massaud. Son studio voit le jour en 2010. Il peut enfin s’exprimer pleinement notamment lors de l’aménagement d’une chapelle dans le 16e arrondissement de Paris. Une expérience singulière qui lui permet de se glisser dans un lieu avec une histoire, lui qui est sensible à la notion de patrimoine et d’héritage.

Une particularité que l’on retrouve aussi dans son Tabouret… Tapis édité par Ligne Roset : une création qui interroge sur le sens de l’objet, l’étymologie du mot, son histoire. Il a également présenté au jury son travail avec Souchet Inspired Woodwork pour qui il a conçu un fauteuil, hommage à son savoir-faire dans le mobilier.

Il mise aussi sur l’énergie collective avec notamment le distributeur de savon public apposé sur les fontaines des jardins publics parisiens imaginé avec le groupe Clef. Un objet réversible qui illustre l’idée d’un design pour tous et qui est le parfait symbole de la réflexion engagée de Grégory qui se met au service d’un futur désirable et raisonné.

www.gregorylacoua.com


Rédaction :
Vanessa Zocchetti



Les Grands Prix de la Création distinguent deux professionnels dans chaque discipline : design, mode et métiers d’art.

Le Grand Prix récompense un professionnel pour la qualité de son projet et de son parcours, sa stratégie de développement, son engagement dans la transmission des savoir-faire ou l’innovation. Ce prix s’adresse aux professionnels déjà expérimentés, aux entreprises et marques dont le développement est avancé.

Le Prix Talent émergent récompense un professionnel dont le projet est prometteur. Le prix est un encouragement.

Une dotation de 18 000 euros est attribuée aux lauréats. Chaque prix est doté de 8 000 euros par la Ville de Paris et enrichi via le Fonds pour les Ateliers de Paris par des partenaires privés : la Fédération Française du Prêt à Porter Féminin, ADC, le Groupe Galeries Lafayette, la Fondation Rémy Cointreau, ESMOD, Roger Pradier, Victoire, et le Groupe Galia.

Outre la dotation, les lauréats bénéficieront d’une visibilité offerte par les partenaires médias et associés : Joyce Gallery, Premiere Classe, Paris Design Week, Maison&Objet, Ipocamp, Intramuros, Fashion Network, AD Magazine, La Gazette Drouot, et Eyes on Talent.

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